Travaux de la classe référente Jean-Jaurès

Animateur référent : Sébastien Appert

Séance 1, Mardi 14 septembre, après-midi.

Première séance et premier contact avec les enfants. Sébastien a présenté le projet des Aires terrestres éducatives puis nous discuté de ce qu’était la biodiversité. Nous avons travaillé avec le jeu de cartes Biodiversité créé par latitude21. Il s’agissait de classer les différents êtres vivants par famille, mais également de se rendre compte de la diversité des espèces que nous pourrions potentiellement trouver sur le terrain. Nous avons regardé sur Google map, les sites potentiels autour de l’école. Celle-ci se trouve dans un environnement très urbanisé et nous avons identifié 4 ou 5 endroits potentiels.

Séance 2, Lundi 27 septembre, après-midi

Première sortie à la recherche d’un terrain, nous avons noté sur le carnet que Sébastien nous a offert nos observations. Nous avons visité deux terrains derrière l’école dont un qui semble abandonné et l’autre, c’est un petit square. Un autre terrain se situe vers un gymnase et donne sur l’Ouche, c’est plutôt pas mal. A retour nous sommes allés sur une promenade toute en longueur et sur un terrain très sauvage, mais comme il y a un projet de construction, ce n’est pas possible de choisir ce lieu. La semaine suivante, avec le maître, mais sans Sébastien, nous avons été voir trois autres sites vers le port du Canal, mais ce n’était pas super.

Séance 3, Lundi 18 octobre, après-midi

Aujourd’hui nous avons assisté à un spectacle particulier avec Heiko, un comédien qui nous a fait découvrir le terrain à travers des cadres rouges. C’était très drôle et poétique. Nous avons été sur le square, mais ce ne sera pas là que nous ferons l’ATE. Nous avons fait des affiches pour présenter le projet aux autres classes.

Séance 4, Jeudi 18 novembre, matin

Nous avons tracé le terrain sur une carte et puis nous avons été avec Sébastien sur le terrain. Une fois sur place nous avons fait deux groupes, l’un sur l’identification des arbres avec le maître et l’autre sur les lichens avec Sébastien. Nous avons appris que le lichen était une symbiose d’une algue et d’un champignon, qu’il y avait trois grandes sortes de lichen, les fruticuleux, les foliacés et les crustacés. Nous avions chacun une loupe pour observer les lichens qui ont des formes et des couleurs très variées. Le site est très riche en lichen. Un article sur le sujet ICI. Nous avons appris à mesurer la hauteur d’un arbre ; Il y a beaucoup d’arbres exotiques sur le terrain, car c’est un parc.

Vincent de la LPO nous a rejoints et avec lui nous avons essayé d’identifier les oiseaux. Lui, il a repéré 13 espèces différentes en l’espace d’un quart d’heure. La proximité de l’Ouche est plutôt un atout, Vincent nous a dit avoir vu deux martins-pêcheurs, il semble que ce soit la frontière entre deux territoires et donc nous avons de grandes chances de voir très souvent des martins-pêcheurs. Nous avons vu un cincle plongeur, c’est très rare en ville nous a dit Vincent.

Nous avons commencé à écrire une lettre au Maire de Dijon pour lui présenter le projet.

Séance 5, Jeudi 16 décembre, matin

Séance dans la classe où nous avons abordé le thème de l’arbre et des oiseaux avec un jeu de reconnaissance des chants. Ensuite nous sommes allés sur le terrain pour mettre notre savoir en œuvre, évaluation de la taille des arbres, identification de certains et observation par deux ou trois élèves des oiseaux.

Séance 6, Jeudi 27 janvier, matin

Nous avons commencé par faire le point sur ce que nous avions fait les séances précédentes et Sébastien nous a demandé de préparer un projet pour les ateliers de quartier pour associer la mairie et les habitants à ce que nous pourrions faire pour améliorer notre aire terrestre. Puis nous sommes parties avec trois missions : mesurer la hauteur des arbres, évaluer leur âge et attacher de morceaux de laine sur les bourgeons pour voir ce qu’il en sortira, fleurs, feuilles ou rameaux. Nous avons ramassé des drôles de graines qui en fait n’en n’étaient pas. Voir l’article ICI.

Séance 7, Jeudi 10 février, matin

Aujourd’hui nous avons réfléchi sur comment améliorer la biodiversité de notre site ATE notamment pour déposer un projet à l’atelier de quartier. L’atelier de quartier est une instance citoyenne qui dispose d’un budget pour financer des projets issus des propositions des habitants. Nous avons réfléchi à ce dont les différents êtres vivants ont besoin pour s’épanouir et avons donc en conséquence défini un certain nombre de pistes à proposer. Nous savons que si notre projet est retenu, nous devrons travailler avec les habitants, la mairie et un paysagiste donc nos propositions seront sans doute améliorées ou modifiées lors de ce travail.

Les pistes que nous avons définies :

  • Accueil des gens : fontaine pour boire, banc, observatoire au bord de l’Ouche pour observer les oiseaux
  • Il y a trop de cailloux au milieu de l’esplanade, il faudrait plus de végétation et peut-être faire des formes comme des petites buttes, etc.
  • Planter des végétaux utiles aux oiseaux, insectes, hérissons… comme des arbres fruitiers et des haies.
  • Installer plein d’abris pour les insectes
  • Attirer plus d’oiseaux avec des nichoirs, mangeoires, arbres pour la nourriture (baies, fruits…)
  • Pouvoir attirer des animaux comme les hérissons, les écureuils…
  • Il faudrait peut-être travailler pour accéder plus facilement à l’Ouche.

Nous avons ensuite dessiné chacun des plans ou perspectives pour illustrer notre projet, nos désirs.

Ensuite nous avons été sur le site et là, nous avons appris à faire le silence et à être immobiles (ce n’est pas facile) pendant de longues minutes. Nous avons été récompensés, car tout d’un coup, nous avons vu passé un Martin pêcheur qui a fait comme un virage pour nous montrer son ventre orange. Tout le monde était content, car c’est très beau. Nous avons aussi longuement observé deux cincles plongeurs qui semblent avoir élu domicile au pied de la pile du pont de chemin de fer, c’est assez rare de les voir en ville. Ils plongeaient souvent sûrement à la recherche de nourriture.

Séance 8, Jeudi 10 mars, matin

Belle journée, le printemps arrive. Après avoir discuté avec des élèves de CE2-CM1 d’une classe satellite de ce qu’ils avaient fait avec leur animatrice Karine, nous avons abordé le thème des insectes et des clefs de détermination. Comme le soleil nous y invitait, nous sommes rapidement partis sur le site. Toutefois, nous avons observé beaucoup de choses en chemin : les fleurs mâles et femelles du noisetier dans la cour d’école, les fleurs femelles sont très petites et roses alors que les mâles font des chatons plein de pollens que le vent emportera. Après le pont qui enjambe l’Ouche, un beau saule marsault. Sur le terrain vague de la rue de l’Île, nombreuses découvertes également, fleurs de frênes, arbres à papillons, véroniques de Perses, escargot (enfin les coquilles), du lamier pourpre dont la tige est carrée. Ce matin, c’était les 10 minutes de lecture que nous avons fait dehors avec un texte sur le martin-pêcheur et sur son comportement. Sur le site, nous avons essayé de revoir notre martin-pêcheur donc silence et immobilité de rigueur, mais malheureusement nous ne l’avons pas vu. Nous avons fait plein d’observations intéressantes notamment le capillaire des murailles, une petite fougère que nous avons trouvée sur un mur en béton le long de l’Ouche. Nous avons également trouvé des graines du charme qui s’étaient envolées très loin de l’arbre, à l’autre bout du terrain.

Mousse
Fleurs de Saule marsault
Capillaire des murailles

Séance 9, mercredi 30 mars, matin

La pluie étant annoncée, Sébastien a prévu du travail en classe, mais cela ne nous a pas empêchés de sortir une heure, car il n’a pas plu tant que ça. Nous avons commencé notre recherche sur l’histoire du site en examinant d’anciennes cartes du 17e siècle jusqu’à aujourd’hui. Au début, en dehors des remparts de Dijon, il n’y avait que des champs et les premières habitations n’apparaissent qu’au milieu du 18e siècle. Sur la carte de 1812, on remarque la présence du canal et du port du canal.

Carte de 1812

Nous remarquons également la présence d’une île formée entre l’Ouche et un bief, d’ailleurs la rue que nous prenons pour nous rendre sur le site s’appelle la rue de l’île. Sur la carte de 1966, cette île n’apparaît plus, le bief ayant été voûté. On voit aussi pas très loin du site, un petit canal qui va de l’Ouche au canal.

Sur la carte de 1888, il y a trois bâtiments sur le site et ils ont disparu sur celle de 1904. Nous avons pu ainsi en apprendre beaucoup sur l’histoire du site et nous sommes partis vérifier certaines hypothèses.

Carte de 1888

Au bord de l’Ouche, en face du petit canal qui part de l’Ouche, nous avons trouvé des moules de rivière et beaucoup de coquillages. Les escargots étaient également de sortie, la prochaine fois nous essayerons de les identifier.

À notre retour, nous avons passé une petite heure à faire des dessins d’observation de choses que nous avions ramenés en classe : graines, galles, feuilles, coquilles… en essayant de dessiner fidèlement sur ce que nous voyons.

Séance 10, mercredi 13 avril, matin.

Déjà notre dixième sortie avec notre référent, il faisait beau alors nous ne nous sommes pas attardés en classe. Nous sommes passés au bord de l’Ouche, un peu avant l’ATE et je crois que nous allons inclure cet endroit à notre aire, car il est bougrement intéressant. Beaucoup d’observations encore pour notre sortie, lamier pourpre (nous avons appris les caractéristiques de cette famille nommée lamiacée), prêle (sans doute des champs, mais il nous faudra retourner la voir pour en être sur, car il y a plusieurs sortes de prêles et à ce stade, nous n’avons pas observé les traits distinctifs permettant d’être sûr de notre détermination, cela reste donc une hypothèse). La prêle existait aux premiers âges de la Terre puisqu’elle y était déjà présente il y a plus de 250 millions d’années. Renouée du japon, plusieurs bivalves, saule, osier, lamier blanc, gaillet grateron, ortie, un papillon nommé l’aurore, Anthocharis cardamines et mâle, car seul le mâle a le bout des ailes oranges. Pour les oiseaux, un héron cendré et des mésanges charbonnières.

Nous avons longuement parlé des insectes, Sébastien était dos à l’Ouche comme ça on pouvait voir le martin-pêcheur passé, mais il n’est pas venu. Nous avons fini la séance par une bonne demi-heure de dessins d’observation.

Séance 11, mercredi 4 mai 2022

Nous avons commencé par un conseil d’enfants.

Rappel de ce qu’est un débat démocratique, écoute des arguments de chacun, vote, respect des opinions minoritaires. Nous avions deux sujets à aborder : l’extension de l’aire de l’ATE et le nom de notre ATE.

En effet, nous avons exploré une berge située en amont de notre ATE et elle nous a beaucoup intéressée. Certes, nous avons appris qu’il y avait un projet à moyen terme d’aménagement, mais cela vaut quand même le coup d’observer cet endroit qui est très sauvage. Le vote a été unanime.

Puis nous sommes passés au vote sur le nom. Chacun a proposé un nom :

Martin-pêcheur (7), les observateurs (1), les savanturiers de l’OUche (12), les l’Ouchien, les experts de la nature (1), Groupe d’élèves recherchant la biodiversité (14), les expérimentateurs (1), les protecteurs de la nature (2) donc le nom retenu est GERB.

Puis nous sommes allés sur le site. Nous avons eu la chance d’observer plusieurs fois le passage du martin-pêcheur, d’observer les insectes bien présents à cette saison notamment un papillon de la famille des Satyres au nom de Tircis.

Tircis

Avec le maître, nous avons fait une collecte pour réaliser un herbier de tous les arbres présents sur le site. Sur la berge, nous avons remarqué la présence de nombreuses prêles déjà hautes d’environ 40 cm. ; de façon générale, les plantes ont beaucoup poussé depuis notre dernière visite en avril. Nous avons fini la séance par des dessins d’observation avec l’objectif de dessiner ce que l’on voit et non ce que l’on imagine.

Feuille de Bardane

Séance 12, mercredi 1er juin matin

Aujourd’hui nous avons la visite de journalistes, car l’Office National de la Biodiversité a choisi notre classe pour organiser un événement presse au niveau national. Nous nous sommes donc mis en groupe pour expliquer aux journalistes les activités que nous faisons régulièrement sur le site : observation des oiseaux, des insectes, identification des fleurs, des arbres, des lichens… Nous avons également parlé longuement des oiseaux. Nous étions assez fiers, car les journalistes ont été très impressionnés de notre implication dans le projet. Quelques jours après nous avions déjà deux articles dans le Bien Public et sur France Bleu Bourgogne.

Autre bonne nouvelle, l’atelier de quartier Greuze a approuvé notre projet et nous allons donc pouvoir travailler avec les habitants pour améliorer la biodiversité sur notre ATE.

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