Travaux de la classe référente Lamartine 2022-2023

Animateur référent : Sébastien Appert

Compte rendu séance 4, classe de monsieur Lapo, école Lamartine, lundi 16 janvier, matin.

Le temps n’est pas de la partie et nous décidons de rester en classe. Nous avons d’ailleurs du travail, car il nous faut décider des projets que nous pourrions proposer à l’Atelier de quartier afin de travailler avec les habitants. Les idées développées et discutées ont été les suivantes :

Installation de nichoirs

Panneaux pour inciter à ne pas polluer

Installation de poubelles

Installation d’hôtels à insectes

Organisation de journées pour ramasser les déchets

Mise en place de pancartes d’identification des arbres

Installation de mangeoires

Installation d’une cabane d’observation de la faune et refuge pour les classes en ATE

Toutes ces propositions ont été discutées et c’est la huitième qui sera déposée dans les projets des Ateliers de quartier, nous verrons si les habitants souhaitent travailler avec l’école.

Ensuite nous avons écouté un conte sur la vie des oiseaux. Il s’agissait d’une réunion d’urgence du parlement des oiseaux qui débattaient pour prendre une décision face à la menace que fait poser sur leurs existences, les activités humaines.

Compte rendu séance 3, classe de monsieur Lapo, école Lamartine, le 23 novembre 2022 matin

Troisième séance, nous faisons un point sur les observations de la dernière sortie, histoire de bien s’assurer que certaines notions ont été retenues. Je leur fait jouer à un jeu de devinette « qui suis-je ? » portant sur les champignons puisque le temps humide va nous permettre sans doute de faire de nouvelles observations.

« Moi, le champignon, j’apparais comme par magie après la pluie dans les lieux les plus imprévus, sur le sol des forêts, dans les champs, dans des dunes de sable ou des marais, dans vos caves ou vos habitations humides, sur un arbre ou dans des gravats… Partout où il y a de la matière organique, je suis là, même sur votre peau. Je naît, grandit et me reproduit mais le plus drôle c’est que je suis invisible et que les humains me confondent souvent avec mon fruit. Je les comprends d’autant que j’en ai de délicieux mais aussi d’autres qui sont mortels.

Moi, le champignon, je suis comme vous les humains, hétérotrophe, je dois manger les autres. Je me nourris de débris organiques ou je vit aux dépends d’un autre organisme ou encore en association avec lui. Dans le premier cas, je suis saprophyte puisque je me nourrit de matière morte. Je suis très utile puisque je participe à la décomposition des feuilles, du bois et de déchets divers. Parfois je m’installe sur un hôte et je vis à ses dépens, je suis parasite et dans ce cas, je suis cause de maladies.

Le troisième cas et il est très répandu, c’est lorsque je m’associe avec un végétal qui va m’apporter de la nourriture en échange de menus services comme l’apport en eau et en sels minéraux, ou la capacité de s’accrocher sur un support comme dans le cas du lichen. C’est une symbiose.

Pour me reproduire, j’élabore un organe plus ou moins compliqué qui renferme des spores, un sorte de poussière de minuscules cellules assurant ma dissémination. Ces organes constituent pied et chapeau, le carpophore, parfois seulement un chapeau. Je peux vivre plus ou moins longtemps, quelques jours ou plusieurs siècles. Le record : le plus grand être vivant du monde est un champignon qui fait 8 kilomètres carrés et qui est vieux de 2 400 ans ? »

Puis tous sur le terrain pour finir le conte sur la guerre des plantes, les enfants ont bien retenu l’histoire de la dernière fois, ça fait plaisir mais il faudra sans doute que je divise mieux le conte en plusieurs séquences car il est trop riche en information. Ensuite le maître prend un groupe pour évaluer l’âge des arbres et je prends le reste de la classe à la recherche de nouveaux champignons : Paxille enroulé, oreille de Judas, Coprin Micacé, polypore divers difficiles à identifier, il faudra y revenir, Calocère cornée, Amadouvier… une belle variété à notre actif. La fraîcheur de cette matinée (4 à 5°C) et le fait d’avoir été marché dans le pré mouillé ont un peu raccourci notre sortie, les enfants commençant à se plaindre du froid.

Compte rendu séance 2, classe de monsieur Lapo, école Lamartine, le 6 octobre 2022 matin

Deuxième séance de la saison, j’apporte à la classe une grande laie de papier avec pour but de dessiner la coupe et le plan masse de l’ATE afin d’y inscrire toutes les observations. Aujourd’hui la classe souhaite travailler sur les champignons, c’est la saison ! Auparavant, je continue le conte sur la guerre des plantes tout en vérifiant ce qu’ils avaient retenu de la dernière séance, c’est bien. Ensuite on divise la classe en deux et le maître leur fait écrire leur conte sur les arbres tandis que je pars à la recherche des champignons. Première remarque : sans bouger de notre place, nous avons bien la présence de champignon, mais sous une drôle de forme puisque ce que c’est le lichen, symbiose entre champignon et algue. Est-ce vraiment un champignon ? Peut-être pas exactement, mais il y en a.

Compte rendu séance 1, classe de monsieur Lapo, école Lamartine, le 14 septembre 2022

Prise de contact avec cette nouvelle classe, enfin à moitié nouvelle, car je retrouve des élèves qui étaient en CM1, l’année dernière. La classe est déjà allée sur le terrain et beaucoup de choses ont déjà été transmises par les élèves qui étaient dans la classe référente de l’année dernière aux nouveaux élèves. Sans tarder, nous sommes partis sur le terrain avec plusieurs objectifs notamment constituer un herbier et une bibliothèque de graines. J’avais prévu de leur lire un conte confectionné cet été et intitulé « dans l’écorce d’un arbre », mais l’enseignant après avoir lu à la classe un conte sur ce sujet, a donné comme exercice aux enfants d’écrire eux-mêmes un dialogue entre deux arbres. J’ai donc commencé par la lecture d’un autre conte et parlant de la guerre des plantes, de la façon dont les plantes se défendent contre tous leurs ennemis et ils sont nombreux. Le conte est basé sur des éléments scientifiques et cette forme narrative est très efficace pour capter l’attention des enfants même si sa lecture se fera en deux ou trois fois, car il est assez long. La pluie d’orage est venue écourter cette séance et nous sommes tous rentrés trempés.

Travaux de la classe référente Lamartine 2021-2022

Séance 1, Vendredi 10 septembre, après-midi.

Première séance et premier contact avec les enfants. Sébastien a présenté le projet des Aires terrestres éducatives puis nous discuté de ce qu’était la biodiversité. avons travaillé avec le jeu de cartes Biodiversité créée par latitude21. Il s’agissait de classer les différents êtres vivants par famille mais également de se rendre compte de la diversité des espèces que nous pourrions potentiellement trouver sur le terrain.

Séance 2, Mercredi 22 septembre, matin

Première sortie sur le terrain. Nous sommes allés au Ru de Pouilly, un bois situé à 10 minutes à pied de l’école et que nous fréquentons régulièrement dans le cadre de l’école du dehors. Sébastien nous a offert un petit carnet Latitude21 dans lequel nous allons noter plein de choses au cours de l’année, c’est notre carnet d’exploration. Nous avons essayé de noter nos observations et notre ressenti par rapport au terrain. Il fallait utiliser nos cinq sens. Pour une première sortie, nous avons vu plein de choses différentes, le site étant assez riche.

Séance 3, Mercredi 6 octobre, matin

Nous avions un autre terrain potentiel à proximité de l’école, le parc du château de Pouilly mais après discussion, l’ensemble de la classe a voté pour rester sur le Ru de Pouilly, la question étant de bien délimiter la partie sur laquelle nous allions travaillé. Nous sommes donc retourné sur le terrain pour mieux identifier les différentes parties. Nous avons déjà identifié trois milieux différents : la partie sous-bois avec de grands arbres, la partie centrale plus marécageuses avec de la menthe aquatique et du chanvre aquatique, une partie de surface enherbée à la lisière sud du terrain où nous avons identifié de la carotte sauvage. Nous avons délimité notre aire de manière à englober ces trois milieux. Nous avons trouvé un tronc d’arbre coupé très intéressant puisqu’en observant ces cernes nous avons identifié trois cœurs donc ce sont trois arbres qui ont fusionné ensemble en grandissant. Voir article ICI

Séance 4, Jeudi 21 octobre, matin

Aujourd’hui nous avons assisté à un spectacle particulier avec Heiko, un comédien qui nous a fait découvrir le terrain à travers des cadres rouges. C’était très drôle et poétique.

Séance 5, Mercredi 17 novembre, matin

Nous avons tracé le terrain sur une carte et puis nous avons été avec Sébastien sur le terrain. Une nouvelle animatrice, Karine nous accompagnait. Une fois sur place nous avons fait deux groupes, l’un sur l’identification des arbres avec Karine et l’autre sur les lichens avec Sébastien. Nous avons appris que le lichen était une symbiose d’une algue et d’un champignon, qu’il y avait trois grandes sortes de lichen, les fruticuleux, les foliacés et les crustacés. Nous avions chacun une loupe pour observé les lichens qui ont des formes et des couleurs très variées. Nous n’avons pas trouvé de fruticuleux sur le terrain mais juste sur le chemin depuis l’école. Nous avons commencé à identifier plusieurs arbres en partant des feuilles.

Nous avons observé des champignons sur un tronc d’arbre mort, voir l’article ICI.

En conseil d’élèves, nous avons fait une affiche qui représente le projet Aire terrestre éducative et nous avons écrit une lettre au Maire de Dijon pour lui présenter le projet.

Séance 6, Mercredi 5 janvier, matin

Avec la pluie, le site est impraticable. La séance s’est donc déroulée en classe avec une activité sur les arbres et la notion d’autotrophie puis sur les oiseaux avec un jeu de reconnaissance des chants d’oiseaux.

Séance 7, Mardi 25 janvier, matin

Ce matin très froid, retour sur le terrain. Nous avons localisé cinq grands espaces sur le site afin de pouvoir localiser nos observations : le sous-bois à droite, le sous-bois au fond, le sous-bois à gauche, le marais et le grand pré. Trois missions ont été mises en œuvre : évaluer l’age des arbres à partir de leur diamètre, en mesurer la hauteur avec une croix de bucheron et enfin attacher des morceaux de laine à la base de bourgeons pour pouvoir observer ce qui va en sortir au printemps. Nous avons eu la visite de deux animatrices de la ville de Sens.

Séance 8, mercredi 9 mars, matin

C’est bientôt le printemps et sous un radieux soleil, nous sommes allés voir de plus près ce qu’il se passait sur notre aire. Nous avons constitué plusieurs groupes de travail : oiseaux, insectes, arbres et fleurs sauvages. Si les insectes n’étaient pas au rendez-vous, nous avons observé de nombreuses choses :

  • de nombreux corbeaux et quelques corneilles s’installent sur le site et construisent leurs nids,
  • nous avons observé les inflorescences des roseaux qui « explosent » en libérant leurs graines qui seront portées par le vent.
  • Cerfeuil des bois, menthe aquatique, lamiers pourpres, orchidées (enfin les feuilles, car les fleurs ne sont pas encore là), véroniques de Perse, pâquerettes,
  • Orpin blanc sur la dalle en béton au bord de la prairie
  • Un spot de cornouillers sanguins
  • Des fleurs femelles de peuplier blanc (il faudra vérifier lorsque les feuilles seront sorties). Nous en avons observé sur une branche au sol, on dirait qu’elle ne sait pas qu’elle est séparée de l’arbre.
  • Production de pousses de frênes le long de la dalle vers la prairie.
  • Violettes odorantes…

Bref, une belle matinée. Demain, nous allons réunir sur un même document nos observations et travailler sur un abécédaire participatif.

Séance 9, jeudi 24 mars, matin

Grand soleil, le printemps est bien là ! Nous voilà repartis sur l’ATE, Sébastien était venu comme la dernière fois en vélo cargo et on a pu mettre nos sacs sur le triporteur.

Nous avons commencé par une première partie sur les insectes à l’aide de photos : qu’est-ce qu’un insecte, l’exosquelette, la tête, les yeux composés et les ocelles, les pièces buccales qui nous renseignent sur l’alimentation, les antennes qui sont presque toujours entre les deux yeux, les palpes… Nous continuerons la prochaine fois, car nous avions hâte de partir en observation.

Nous avons fait trois groupes : insectes avec des filets à papillons et un parapluie japonais sans oublier les petites boites loupes, oiseaux avec des jumelles et découverte des fleurs et des plantes. Chaque groupe s’est dispersé sur le site et nous nous sommes ensuite réunis pour partager nos découvertes qui furent nombreuses : mésange bleue, pigeon ramier, canard et bien sûr les corbeaux freux qui installent leurs nids dans les hauteurs des arbres. Nous avons trouvé une plume noire asymétrique, il s’agit d’une rémige de corbeau, un type de plume que tous les oiseaux possèdent sur leurs ailes et qui leur permet de voler.

Le groupe insecte a trouvé une coquille d’œuf qu’il a identifiée comme étant celui d’un moineau mais il faudra demander à un ornithologue pour confirmer ou infirmer cette hypothèse.

Nous avons également trouvé du lamier blanc (lamium album) et avons parlé des indices pour le reconnaître : les feuilles ressemblent à celles de l’ortie (on l’appelle également l’ortie blanche), mais ne piquent pas, la tige est carrée (signe de la famille des lamiacées), les feuilles sont opposées c’est-à-dire qu’elles vont par deux et se font face, elles sont disposées par deux et à chaque étage elles effectuent un quart de tour, les fleurs blanches sont zygomorphes c’est-à-dire qu’elles n’ont qu’un axe de symétrie verticale.

Nous avons identifié également de drôles graines qui en fait n’en sont pas. Il s’agit de gousses tordues et en spirales de luzerne cultivée, les graines sont à l’intérieur.

Pour finir la séance, nous avons effectué, chacun dans notre coin, un dessin d’observation, mais le temps nous a manqué, nous finirons la prochaine fois.

Séance 10, jeudi 14 avril, matin

De nouveau sur le terrain avec encore un beau soleil. Pour cause d’enseignants malades, nous avons accueilli quelques enfants d’autres classes, manière de passer le relais pour l’année prochaine. Arrivés sur le site, nous avons continué notre étude des insectes, le rôle des pattes, est-ce qu’ils ont un cœur ? Comment respirent-ils ? Comment grandir dans une carapace rigide ? Etc. Puis comme nous en avons l’habitude exploration sur les oiseaux, les plantes, les insectes en petits groupes déjà bien entraînés à cet exercice. Et puis, tout d’un coup, le groupe oiseau vient sonner l’alarme : au milieu du marais un corbeau freux blessé sûrement à l’aile, car il pouvait encore se déplacer. Sébastien a appelé la Ligue de Protection des Oiseaux qui a transmis l’information au centre Athéna qui s’occupe de ce type de situation. Il a contacté une personne de Dijon qui aurait pu venir recueillir le blessé et nous a demandé de mettre le corbeau dans un carton en attendant en le capturant à l’aide d’une serviette, mais ce n’est pas le genre d’objet qu’on emporte en animation. Radwan nous a indiqué qu’un ami à lui n’habitait pas loin et avec lui et Wissen, Sébastien est parti voir s’il pouvait demandé qu’on lui prêt un carton et une serviette. Arrivés sur les lieux, ils ont rencontré l’un des fils de la maison qui leur a gentiment fourni le nécessaire.

Avec le maître, Radwan, Wissen, Sébastien ont tenté l’opération, mais le corbeau s’enfuyait à chaque fois au milieu du marais faisant échouer ce sauvetage. La personne du centre Athena était en réunion et ne pouvait pas venir ce qui fait que nous sommes repartis sans avoir pu porter secours à ce corbeau. Nous avons également trouvé sur le sol un corbeau mort ainsi que deux oisillons morts eux aussi, sans doute tombés du nid. Nous avons également remarqué que les autres oiseaux étaient indifférents au sort du corbeau blessé qui semblait résigné de son sort.

Lamier blanc

Par ailleurs nous avons observé du lamier pourpre et blanc, véronique de Perse, jonquilles, un papillon Aurore, une poule d’eau, un couple de fauvettes à tête noire (la femelle ayant la calotte brun-roux) et plein d’autres choses. Vu le temps passé à ce sauvetage inabouti, nous n’avons pas eu le temps de faire les dessins d’observation, ce sera pour la prochaine fois.

Séance 11, mardi 10 mai, matin

Arrivés sur le site, nous avons échangé sur les changements survenus depuis notre dernière sortie. La végétation a tellement poussé que le sous-bois est maintenant sombre et que les fleurs de sous-bois ont disparu. C’est la course à la lumière. Objectif du jour : récolter les feuilles des arbres pour confectionner un herbier, identifier les nouvelles venues parmi les fleurs et s’intéresser aux insectes. Le gaillet grateron fait maintenant 70 cm de hauteur.

Les orchidées sont en fleurs et nous avons pu les identifier avec notre nez. Il s’agit de l’orchis bouc et effectivement, elle dégage une forte odeur de bouc pas très agréable. Nous avons entendu un rossignol chanté et des fauvettes à tête noire.

Côté insecte, une mouche scorpion et plusieurs papillons, mais dont le vol rapide ne nous a pas permis d’identifier. Nous avons ensuite fait des dessins d’observation et également trouvé un nom pour notre ATE : l’école au bois, l’écolo bois.

Séance 12, mardi 7 juin matin

Temps incertain, il a plu deux fois assez fortement, mais sous notre grand arbre nous étions à l’abri à écouter la pluie tombée. Nous avons constaté que les fleurs étaient devenues plus rares et que beaucoup de fruits et de graines étaient déjà formés, d’ailleurs nous avons mangé des cerises sauvages, délicieuses. Nous avons fait une lecture collective d’un livre sur le comportement des oiseaux et ce qui nous intéressait c’était le corbeau freux, car bizarrement, nous ne les entendons plus. Les corbeaux font leurs nids à partir de début mars et le nid est occupé environ un mois. Il est donc probable que les jeunes soient déjà parties rejoindre une colonie de juvéniles un peu plus loin et que les parents sont déjà partis vers d’autres horizons.

Puis nous avons constitué les groupes habituels pour observer les modifications de notre aire terrestre. La pluie a abrégé un peu notre sortie et nous avons profité d’une accalmie pour rentrer à l’école. La prochaine fois, nous irons voir l’exposition à Latitude21.

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