Conférence « Le gymnase multisports de l’Arsenal » le 5 juin à 18h30

le vendredi 05 juin 2026 de 18:30 à 21:00

par Pierre-Etienne et Agnès James de l’agence Topoïein Studio et en présence du service des sports de la Ville de Dijon. Cette conférence s’inscrit dans le cadre du festival « Demain la ville » organisé par Dijon métropole du 4 au 6 juin.

le vendredi 5 juin 2026 à 18h30
à Latitude21, 33 rue de montmuzard à Dijon.

Photo : Nicolas Castets




PRESENTATION SYNTHETIQUE

C’est la lumière qui a dessiné le projet, projetant de fines arches célestes au-dessus des spectateurs et le long des ouïes qui bordent l’espace public arboré. De même, les bandes claires irradient le plafond de la salle de boxe, le dojo ou le vide du hall à proximité de l’escalier. L’identité formelle du projet réside dans ces prises de lumière zénithales, où sans autre artifice que des feuilles de verre, les parois ne réfléchissent plus seulement la lumière mais elles s’ouvrent à un contact direct avec l’extérieur. Après l’aube, aucun rayonnement direct ne pénètre plus à l’édifice, seul l’éclat diffus du nord installe le clair de jour qui baigne les volumes.

Sous ses abords de colosse, cette volumétrie s’insère dans la densité bâtie alentour, sa silhouette formant transition entre les bâtiments de l’écoquartier. Le profil du gymnase renoue avec l’histoire antérieure des halles à multiples pans de toiture des subsistances militaires. Il présente une ligne de toiture hérissée, dynamique et tendue vers le haut, vers l’avant, comme une expression littérale du rebond, du mouvement.

Les façades dessinent un motif graphique inspiré par l’envol, la plume, la légèreté ou le fil de trame dessine les rachis des plumes et le fil de chaine symbolise les barbes et barbules striant les vêtures. Les teintes des bardages, curieuses origamis varient du beige clair au gris chaud et doré qui évoque aussi le plumage des oiseaux d’Europe. Enfin, l’auvent qui couvre l’entrée empreinte à la dynamique du vol au battement d’aile des volatiles. Le gymnase se trouve ainsi couvert d’un plumage fauve doux et chaud pour l’hiver, aéré et ventilé en été.

Cette saisonnalité gouverne aussi le confort thermique de l’équipement, ainsi les murs périphériques comme les toitures sont constitués de panneaux à ossature bois et remplissage paille autoporteurs. Les panneaux ossature bois paille présentent une excellente versatilité saisonnière. Ils procurent un déphasage de 24h facilitant le rafraîchissement passif par ventilation naturelle ou sur ventilation mécanique nocturne. Ces mêmes panneaux, doublés par l’intérieur, confèrent aussi, une conductivité thermique de bâtiment passif diminuant drastiquement les besoins énergétique l’hiver.

Le bâtiment conjugue une faible empreinte carbone avec une très haute exigence énergétique, tout comme il installe une atmosphère singulière. Aussi, son ambiance intérieure emprunte de cette douce lumière nordique se double d’une acoustique feutrée. Les panneaux de fibres de bois combinent esthétique douce et ouatée, comme atténuation acoustique, solidité et résistance au feu. L’accueil soutient également cette hospitalité que l’on découvre avant l’entrée, abrité sous les ailes de bois du porche. Vélo garé, face à nous, se déploie le bar prêt à apaiser notre soif. Au nord, l’escalier laisse deviner la nef traversée par les passerelles soutenant la transparence des sheds. Derrière l’escalier, les vestiaires isolent les équipes alors que les spectateurs prennent place dans les gradins.

Les autres fonctions sportives sont accueillies à l’étage avec le Dojo et la salle de boxe, on y chemine par une circulation large ouverte en balcon sur la salle omnisports. Les vides facilitent la communication visuelle et l’échange. Plusieurs parois intérieures vitrées prolongent les transparences et conférent aux espaces de circulations des seconds jours, alors que le crépuscule point au dehors.

En fin de journée, reprenant le chemin qui conduit jusqu’au tramway, on longe le pignon urbain de l’équipement, le claustra filtrant les locaux annexes striant la lumière du crépuscule qui inonde la frange occidentale de l’édifice. Ainsi, chaque façade dévoile le parti urbain de l’édifice qui prolonge aux quatre points cardinaux, par sa forme singulière et son positionnement les influences architecturales et les intentions urbaines du quartier de l’Arsenal.

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